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Chi Phat : Bienvenue dans la jungle !

Cet article est publié dans le cadre de l’opération “Unis pour un tourisme alternatif”. Orchestrée par Voyageurs du Net et parrainée par Voyageons-Autrement, ABM, Babel Voyages, EchoWay et Viatao, cette opération vise à promouvoir dans la blogosphère le tourisme alternatif et responsable.

Après Sihanouville et son univers de backpackers (im)pitoyables, on décide de regagner la campagne où on se sent quand même vachement mieux !

On prend un bus direction Koh Kong qui nous arrête au milieu de nulle part, puis un conducteur de taxi nous propose ses services pour rejoindre le petit village de Chi Phat. On a décidé de venir s’aventurer ici après avoir lu l’historique du projet sur le site Echoway.

Supplément cochon

Le CBET

Afin de protéger efficacement la vaste forêt des Cardamomes et les animaux qui la peuplent de la déforestation et du braconnage, l’ONG Wildlife Alliance  a décidé de créer un projet écotouristique en lien avec la communauté de villageois de Chi Phat. Le but est de permettre aux habitants qui vivaient de l’exploitation de la nature et qui provoquaient la raréfaction de la vie animale, d’obtenir d’autres sources de revenus nettement plus durable. Pour se faire, le Community Based EcoTourism (CBET) de Chi Phat propose d’accueillir des touristes en chambre d’hôtes ou directement chez l’habitant, de les faire manger dans un restaurant communautaire, et de leur proposer de nombreuses activités dans la nature (trekking, vtt, kayak,…). Toutes les rentrées d’argent liées à l’activité touristique sont centralisées grâce à un « bureau » qui s’occupe ensuite de redistribuer les bénéfices équitablement entre les membres de la communauté. Afin que le fonctionnement de ce bureau soit clair, tous les détails concernant les chiffres du tourisme sont affichés sur ses murs. On constate d’ailleurs que depuis la création du projet en 2008, le nombre de touristes est en augmentation permanente. Ce qui semble être grandement apprécié par tous les villageois avec qui on en a parlé (plus d’infos sur leur site).

Ny, bien plus qu'un cuistot

J’avais été un peu frustré de ne pas pouvoir faire un trek dans la jungle du Virachey à Banlung. Donc, quand on a vu que les prix ici étaient nettement plus abordables (25$ /jour/personne), j’ai proposé à Céline de partir sur le plus long circuit proposé par le CBET : 4 jours/3 nuits de randonnée entourés d’arbres, de lianes, et d’animaux sauvages (peut-être…).

Welcome to the Jungle !

On charge nos sacs avec nos hamacs et nos couvertures, de l’eau et quelques affaires de rechange. Notre guide s’appelle Bôn et parle très bien anglais. Ny, le deuxième khmer qui nous accompagne, sera notre cuistot et surtout l’homme à tout faire en milieu hostile : un véritable homme de la jungle !

Il est 8 heures, il fait déjà très très chaud et on va marcher sous ce soleil de plomb toute la matinée jusqu’à ce qu’on trouve, comme par enchantement, une cascade sublime qui rafraîchira nos corps transpirants.

Cascade féérique

Après le déjeuner, on s’enfonce vraiment dans la végétation. Pas de doute on est en milieu hostile ! La température et le taux d’humidité sont super élevés. Même nos guides, plus habitués que nous à ces conditions, montrent des signes de fatigue.

Repos mérité

On a bientôt effectué les 22 kilomètres qui séparent le village de notre premier lieu de repos. Ouf ! C’est une espèce de grande cabane en bois légèrement surélevée où on accrochera nos hamacs avec moustiquaire intégrée. On va se délasser et se laver rapidement dans la rivière juste à côté pendant qu’on nous prépare à manger.

Cuisine

C’est délicieux et c’est un vrai réconfort que de pouvoir se remplir correctement le ventre après cette bonne journée de marche. Le dîner est avalé tôt car la journée se termine dès que la nuit tombe : à 18h30. On se glisse dans nos hamacs et on écoute le bruit de la jungle qui finit par nous bercer.

Hamac et moustiquaire

Le lendemain, on passe par un mystérieux site archéologique : le site des jarres. Daté d’environ 500 ans mais découvert seulement il y a une dizaine d’années, avec ses cercueils et jarres contenant encore des os humains.

Des jarres énigmatiques

Personne ne sait exactement ni comment ni pourquoi elles sont arrivées là… En tout cas, Lara et Indiana ne sont pas loin, c’est sûr !

Études archéologiques

Ny dans son élément

On a même nos monstres terrifiants qui nous pourchassent : les sangsues ! Ça peut saigner beaucoup et c’est particulièrement dégueulasse mais ça ne présente aucun risque. Donc l’aventure se poursuit jusqu’à une petite rivière dans laquelle on tentera de noyer nos agresseuses. Au milieu de la jungle avec que du poisson fraîchement pêché comme nourriture, je suis bien obligé d’en manger. J’assume sans rechigner mes envies d’aventures. Même Céline est impressionnée !

Du poisson au déjeuner !

On arrive au deuxième campement, le plus isolé de tous, peu après la pause déjeuner. Nos guides installent une bâche au-dessus de nos têtes pour nous couvrir en cas de pluie. Tout autour de nous c’est la jungle et même si on ne voit que très peu d’animaux, on en entend beaucoup (surtout des oiseaux et des gibbons en parade amoureuse). Par contre on a vu à plusieurs reprises des Calaos, sorte de croisement entre un toucan et un ptérodactyle, qui font un bruit de dingue quand ils volent ! On s’endort au son de cette épaisse nature.

Deuxième campement

Le troisième jour de marche sera le plus court. Après avoir de nouveau évité de nombreuses sangsues, on quitte peu à peu la densité de la jungle pour retrouver des terrains plus secs et une chaleur plombante. Mais notre dernier campement est lui aussi proche d’une cascade où l’on pourra joyeusement se baigner. Les premiers hameaux de civilisation ne sont plus très loin, on en profite donc pour faire un rapide aller-retour avant l’orage pour acheter bière et alcool de riz. L’apéro semble être un très bon moyen de célébrer la convivialité internationale !

La dernière journée de marche se déroule encore une fois sous la chaleur. Je croise un panneau sur un arbre qui m’interpelle.

Pays miné

Attentiion aux mines !

On a parfois tendance à oublier que le Cambodge est un des pays les plus minés au monde, conséquence directe de la guérilla des Khmères Rouges après la fin de leur régime.

On regagne le village de Chi Phat en début d’après-midi et on convie nos guides au repas du soir histoire de célébrer la réussite de ce magnifique trek dans la jungle.

 

 

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7 Réponses pour “Chi Phat : Bienvenue dans la jungle !”

  1. LE MEUR 05/06/2013 à 00:00 # Répondre

    Guérilla?? ou Génocide ?? pas la meme chose

    • Minorities Report 05/06/2013 à 15:06 # Répondre

      Le régime des Khmers Rouges a été renversé en 1979 grâce à l’invasion de l’armée vietnamienne. Le génocide khmer prend donc fin à cette date. Mais les anciens dirigeants du Kampuchéa Démocratique n’abandonnent pas pour autant la lutte et se réfugient dans la jungle pour mener à bien une guérilla durant laquelle ils utiliseront un nombre considérable de mines anti-personnelles. Pour être plus précis, les régimes précédents ont également miné leur pays durant les années de guerre qu’a connu le Cambodge.
      J’essaierai de faire un article explicatif sur ce régime et sur l’histoire cambodgienne.

  2. Besset 05/08/2013 à 17:09 # Répondre

    èèèèèpâîîîîsssssssse la nature!!!

  3. mamcalou 05/11/2013 à 02:42 # Répondre

    Il aura fallu 28 ans et un voyage au bout du monde pour que mon fils mange du poisson…Je dis « chapeau-bas »! Bisous les trekkeurs

    • Minorities Report 05/13/2013 à 01:23 # Répondre

      Manger du poisson c’est un bien grand mot !
      De toute façon, c’était le poisson ou les sangsues. Tu parles d’un choix…

      • Numa 05/14/2013 à 14:56 # Répondre

        Brouououh les sangsuuuuues….

  4. Mam Katy 05/15/2013 à 02:14 # Répondre

    Bon je vois ce qu’il me restera à faire pour que tu manges du poisson à la maison : mais je suis pas certaine de trouver des sangsues sur le marché. Pas grave, ça doit aussi le faire si je trouve des larves d’insectes bien juteuses !!
    Nan, j’rigole….quoique……

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