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Kiev : les Ukrainiens vous saluent bien !

Pas de visa ni de document déclaratif pour entrer sur le territoire ukrainien. À la place, je suis accueilli par le sympathique sourire de la douanière. Avec ce simple geste, elle transforme ces formalités du passage des frontières souvent stressantes en une cordiale invitation à visiter son pays. Après bientôt un an de pérégrinations, je suis devenu particulièrement réceptif à ce type d’attention. C’est donc dans le calme et la sérénité qu’on roule de l’aéroport au centre-ville de Kiev, la capitale des Ukrainiens… et des Ukrainiennes !

Le tram

Bienvenue chez Sasha

Comme la pratique du Couchsurfing en Russie a été un franc succès, on a, à nouveau, décidé d’utiliser ce réseau pour pouvoir nous loger à Kiev. Sasha, une jeune assistante-comptable de 24 ans, nous accueille chez elle avec un grand sourire. Elle nous propose un canapé d’exception, puisqu’il s’agit en fait d’une pièce indépendante dans cet appartement refait à neuf. On se sent tellement bien ici qu’on y restera plus d’une semaine au lieu des quelques jours qu’on avait prévu. Sasha nous présente ses amis. On est adoptés immédiatement par ces jeunes de Kiev qui nous convient à leurs soirées. On trinque à l’amitié internationale devant le match de foot Ukraine-France (2-0 !), et on parle de voyages et de découvertes de nouvelles cultures.

Les copains

Avant de s’astreindre à ce programme nocturne, on profite de la lumière du jour qui se raréfie en ce mois de novembre pour visiter la capitale ukrainienne. Nos premières impressions se confirment au fil de notre séjour : on se sent vraiment bien ici. Les Ukrainiens n’ont pas l’air d’être blasés de voir des touristes chez eux. Au contraire, ils sont souriants, prévenants et toujours ravis de nous aider à trouver notre route.

Dans la rue

On déambule tranquillement, et on passe de quartiers où les bâtiments historiques sont nombreux à des zones défraîchies et laissées à l’abandon. Aux abords d’un parc, une espèce d’exposition permanente d’art de rue nous aide quelque peu à mettre en lumière les contrastes (!!!) de cette ville qui a un sacré cachet.

Un métier

Dépassant cet espace vert, on tombe sur un ensemble de bâtiments flambant neufs inhabités. D’un coin à l’autre de Kiev, les différences sont marquantes et tranchées. Rien à voir avec certaines capitales européennes uniformisées et bien trop policées.

Sur une colline de Kiev

Suivez la guide !

Via notre profil Couchsurfing, une Ukrainienne nous propose de nous faire faire le tour du centre-ville historique de Kiev. Galina est mariée à un Québécois et parle un français parfait. Elle est ravie d’avoir l’occasion d’occuper sa pause-déjeuner pour rencontrer des voyageurs et leur montrer un bout de sa capitale qu’elle connaît très bien.

Galina, notre guide d'un jour

Pendant une heure et demie, on se laisse guider par cette pétillante jeune femme qui ponctue chacune de ces explications par des anecdotes intéressantes. On apprend par exemple que le chat mystérieux situé près de l’ancienne porte sud de la ville en est un des symboles porte-bonheur.

La ville des chats

On s’arrête plus loin devant la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, merveille de l’architecture byzantine, pour admirer de loin ses coupoles dorées. Ça nous rappelle notre passage éclair à Novgorod où l’on trouvait déjà une autre Sainte-Sophie bâtie sous la même influence venant de Constantinople.

Devant Sainte Sophie

Avant que cette première entrevue avec Galina ne se termine, on repasse devant la plus vieille université de Kiev qui porte le nom d’un des plus grands poètes en langue ukrainienne : Taras Chevtchenko. Du haut de son perchoir, il tente de transmettre aux étudiants qui passent son amour pour sa langue et son pays qui, à l’image de cet homme exceptionnel, a dû lutter pour sa culture, sa liberté et son indépendance.

Statue de Chevtchenko

Babouchka

Pendant le week-end, notre hôte Sasha peut passer plus de temps avec nous. Elle nous propose de la suivre chez sa babouchka (grand-mère) pour goûter à un plat traditionnel ukrainien.

Vareniki, raviolis ukrainiens

Les varenyky sont de gros raviolis qu’on peut farcir de nombreux ingrédients. Le plus souvent, il s’agit de pomme de terre, mais on en a aussi goûté aux champignons et au fromage. On en trouve aussi des versions sucrées pour le dessert. C’est très bon, particulièrement quand ils sont faits à la main et avec l’amour d’une babouchka enchantée de nous avoir à sa table. On la remercie en finissant nos assiettes avec plaisir.

Sasha et sa grand-mère

Tchernobyl

Avant d’arriver à Kiev, on avait appris qu’il était désormais possible de visiter la zone interdite autour de la ville de Tchernobyl. Située à 96 km au nord de Kiev, Tchernobyl est mondialement célèbre depuis le 26 avril 1986, le jour de la catastrophe nucléaire la plus importante que le monde ait connue. Cet évènement dramatique a sensibilisé toute une génération à la question du nucléaire et ses conséquences. Nous nous sommes donc interrogés sur l’utilité d’une telle visite. De nombreuses agences proposent des incursions d’une journée dans la zone interdite encore fortement radioactive. Au-delà des questions sanitaires sérieuses que soulève ce genre d’excursions, il y a aussi des questions éthiques et morales. Quelle est la place du tourisme sur les lieux d’une catastrophe écologique sans précédent, dans une zone supposée interdite à toute présence humaine ?

On fait part de nos questionnements à Galina qui nous conseille de visiter le musée national de Tchernobyl à Kiev, plutôt que de se rendre sur place et participer à une forme de tourisme qui ne nous correspond pas. Le musée a été ouvert en 1992 dans une ancienne caserne de pompiers pour rendre hommage à ces soldats du feu qui ont lutté, parfois au péril de leur vie, contre l’incendie qui ravageait le réacteur n° 4, alors entré en fusion et à l’origine de cette catastrophe.

La maquette du réacteur n°4

On accède aux salles principales en empruntant un escalier surplombé par les panneaux des villes et villages se situant dans la zone interdite, soit un rayon de 30 km autour de la centrale. Toutes ces localités ont reçu des doses importantes de radioactivité et ont été définitivement évacuées. Cela représente près de 250 000 personnes.

Toutes ces villes qui n'existent plus

Dans la salle des liquidateurs – nom des premiers intervenants sur les lieux de la catastrophe –, on trouve de nombreux documents originaux déclassifiés et des effets personnels ayant appartenu au personnel de la centrale et aux sauveteurs. L’effet est saisissant et Céline aura bien du mal à retenir ses larmes devant ce témoignage, véritable gardien de la mémoire mondiale, particulièrement chargé en émotions.

Le musée de Tchernobyl

Dans les salles suivantes, on suit l’évolution de la gestion de l’accident, puis de l’impact de ses conséquences sur les populations locales. On passe des murs remplis de photos d’enfants nés dans cette région d’Ukraine en 1986 à un portail de détection de la radioactivité.

Portique de mesure de la radioactivité

L’audioguide en français nous fournit une quantité impressionnante de détails et nous permet de ne rater aucune des informations essentielles dont recèlent ce musée. Au-delà de l’Ukraine, la catastrophe de Tchernobyl a eu une répercussion mondiale dont on ne mesure pas encore tout à fait toutes les implications. C’était donc, pour nous, un passage nécessaire et important dans notre visite de Kiev.

Hommage

La Place de l’Indépendance

Avant de quitter la capitale, on va faire un tour rapide sur l’une des principales places de la ville : Maïdan Nezalejnosti, la Place de l’Indépendance. Ce fut le haut lieu de rassemblement des manifestants durant la Révolution orange de 2004. En quittant Kiev, on ne sait pas encore qu’elle sera bientôt le théâtre de nouveaux évènements…

Statue de l'indépendance

Lien

Le site internet du Musée National de Tchernobyl à Kiev

 

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2 Réponses pour “Kiev : les Ukrainiens vous saluent bien !”

  1. Laurent 12/30/2013 à 13:30 # Répondre

    Ravi de lire que vous n’êtes pas allé à Tchernobyl. On peut assez facilement céder à la tentation, car forcément, on est curieux tout de même. Mais au bout du compte, vous avez bien raison, notre place, en tant que touriste, n’est pas vraiment là-bas.

  2. Couturier 12/30/2013 à 19:46 # Répondre

    Eh oui, « visiter Tchernobyl » me fait penser à un sketch de Desproges « Hiroshima mon amour » et pourquoi pas « Auschwitz mon Loulou ? »

    Heureuse d’avoir de vos nouvelles car il me semblait bien que vous aviez un rendez-vous à Noël ?… où êtes-vous maintenant ? Donnez des nouvelles… même banales !

    Bises bonne fin de 2013.

    Sarah

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