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Kolkata, la cité de la joie

On laisse derrière nous un mois d’aventures passionnantes, mais éprouvantes au Bangladesh quand on passe la frontière pour entrer en Inde. Il va falloir qu’on se repose un peu avant de commencer notre exploration de la plus grande démocratie du monde. Pour cela, on a choisi de s’arrêter quelques jours à Kolkata (Calcutta).

La Cité de la Joie

La capitale du Bengale-Occidental est mondialement connue pour incarner une image de la pauvreté et de la souffrance humaine, mise en avant et médiatisée par Mère Térésa ou par le roman (puis le film) La Cité de la Joie. Cette ville est aussi réputée pour sa circulation sauvage et chaotique. Ça ne ressemble pas du tout à un programme de repos…

En taxi dans les rues de Kolkata

Et pourtant, on va retrouver ici nos repères de voyageurs très rapidement. On s’installe dans une guesthouse, simple, mais confortable, à deux pas du centre-ville de Kolkata. De là, il nous est facile de faire des choses simples qui nous avaient manquées comme trouver des restaurants ouverts, boire une bière, manger dans la rue, nous balader et commencer à appréhender sereinement ce nouveau pays en attendant qu’Émilie, une amie Française qui vit à Montréal, vienne nous rejoindre.

On va apprendre à voyager tous les 3 en conciliant les envies et les désirs de chacun. Après le Bangladesh, le voyage en Inde nous apparaît nettement plus facile. Mais évidemment, ça ne peut pas être le cas pour Émilie qui débarque directement au milieu de ce grand pays qui contient à lui seul 1/6éme de l’Humanité. Du coup, on va devoir ralentir un peu le rythme qu’on suivait tous les 2. Ça tombe bien, on avait vraiment besoin de se reposer !

Ancienne capitale coloniale

C’est donc tranquillement, et tous les 3, qu’on visite les jardins du Victoria’s Memorial de Kolkata. Ce monument a été érigé à la gloire de la reine d’Angleterre Victoria qui fut l’Impératrice des Indes lorsque Kolkata en était la capitale.

La reine Victoria sur son trône

C’est assez étrange de voir que le plus beau bâtiment de la ville – un mix réussi entre le Capitole et le Taj Mahal – est, en quelque sorte, un hommage à la gloire du colonialisme britannique. La couronne du Royaume-Uni fait de l’Inde une colonie en 1858 et attend la fin de la Seconde Guerre mondiale pour donner des signes clairs de son intention de quitter le territoire et de transférer le pouvoir aux Indiens. Comme vous le savez (puisque vous avez lu l’article récapitulatif sur la situation au Bangladesh), la Partition des Indes a eu lieu le 15 août 1947 et a permis la création de l’Inde et du Pakistan (puis du Bangladesh). Elle a aussi entraîné le déplacement de 12,5 millions de personnes rejoignant l’un ou l’autre des nouveaux états. Gandhi était viscéralement opposé à cette division des Indes selon des critères religieux et communautaires. C’est à contrecœur qu’il finit par donner son accord afin d’éviter une guerre civile entre musulmans et hindous. La Partition des Indes provoque la mort de près d’un million de personnes et les conséquences violentes de cet événement historique exacerbent encore les relations entre l’Inde et le Pakistan.

Le Victoria's Memorial

C’est donc assez hallucinant de voir ce monument majestueux, qui reflète son passé de pays colonisé à l’Inde, trôner au milieu d’une ville aussi gigantesque que Kolkata. Imaginez un peu un mémorial à la gloire de Napoléon III en face du mausolée d’Ho Chi Minh à Hanoï. Il n’y a que moi qui trouverais ça bizarre ?

Ce premier contact avec l’histoire d’un pays aussi grand que l’Inde ne doit pas nous faire oublier qu’on est aussi là pour se détendre. C’est l’heure de se poser pour boire un chai, la boisson nationale. C’est du thé au lait, parfois servi dans des tasses en terre cuite à usage unique. Dégustation.

Un chai bien sûr

Quartier des artistes et marché aux fleurs

Notre exploration de la ville se poursuit avec la découverte du quartier des artistes.

Habitation mini…

Enchevêtrement de petites ruelles où l’on croise de nombreux sculpteurs qui s’affairent et s’attèlent à représenter une partie du vaste panthéon des déités hindoues. On observe, attentifs et fascinés.

En plein travail

On continue notre balade pour tomber sur le fleuve Hooghly, défluent du Gange, et un peu plus loin, on tombe sur le marché aux fleurs. C’est le lieu où les Indiens s’approvisionnent en fleurs (forcément) pour la Puja, la cérémonie d’offrande et d’adoration qui rend hommage à une divinité.

Des fleurs partout

La beauté des couleurs vives des guirlandes de fleurs côtoie la crasse et la pauvreté. On marche dans la boue pour se frayer un chemin et l’on se demande ce que fait cet homme étalé par terre, sûrement un junkie en manque…

Le marché aux fleurs de Kolkata

Céline et Émilie s’en donnent à cœur joie pour photographier cet endroit particulièrement authentique et populaire.

Conception de guirlandes

Après avoir déambulé de stands de vente en stands de conception des guirlandes, on parvient à un ghat : ce sont les marches et la place qui recouvrent les rives des cours d’eau sacrés et où sont effectués offrandes, crémations et dispersions des cendres.

Le ghat du marché aux fleurs

C’est à partir de ce lieu très important de la culture hindoue qu’on profite de la vue sur le pont de Howrah construit par les Britanniques.

Le pont de Howrah

Le linge sèche. Les ordures brûlent. Les enfants courent nus et jouent avec l’eau de la pluie qui s’écoule d’une gouttière. La vie se poursuit sans que personne ne se soucie de notre présence…

La vie continue pendant le marché

Gopal’s Planet

Pour se reposer après ces visites de la ville, on retrouve un mini café internet des plus chaleureux qu’on a découvert avant que Émilie ne nous rejoigne. Gopal, qui gère le lieu et prépare le chai pour ses clients, est tombé amoureux de Carole, une Française originaire de Toulouse. Ils nous ont accueillis à bras ouverts dans leur vie de couple mixte à Kolkata. On a passé 2 soirées géniales en leur compagnie et l’on vous recommande chaudement d’aller faire un tour dans cet endroit si vous cherchez un point de connexion internet avec la clim.

Gopal's planet

Toujours prêt à rendre service, Gopal nous a acheté nos billets de train quand on a décidé de partir, un peu au dernier moment… C’est donc dans la précipitation qu’on quitte Kolkata en train de nuit pour notre prochaine destination : Purî, dans l’état de l’Odisha.

Quelques liens :

Le Gopal’s Planet à Kolkata

Je n’en parle pas dans cet article, mais c’est une figure importante de Kolkata : voici un petit quelque chose sur mère Térésa.

 

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1 Réponse pour “Kolkata, la cité de la joie”

  1. Christian 09/19/2013 à 00:27 # Répondre

    Toujours aussi passionnant …
    Bonne continuation à vous et gros bisous de France.

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