reception
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Premiers jours en Asie

Atterrissage Hanoï. Formalités visa, immigration et me voilà multimillionnaire en dôngs vietnamiens pour 100 euros. Youpi !

Météo : chaleur inhabituelle en cette période hivernale.

La navette – plutôt un mini-bus surchargé – qui nous conduit de l’aéroport à la ville nous prend un petit supplément « touriste occidental » qui me fait légèrement tiquer. C’est pas grand chose et ça ne m’empêche pas de contempler les premières images de l’Asie à travers les vitres de notre véhicule bondé qui klaxonne à tout va pour se frayer un passage dans le flot de la circulation qui converge vers la capitale vietnamienne. Des scooters partout, chevauchés par 1, 2, voire 3 intrépides quidams casqués – ou pas. Des chapeaux chinois dans des rizières de chaque côté de la route et des bâtiments à l’étrange architecture dont le nombre augmente petit à petit.

La rivière humaine de 2 roues se densifie à mesure qu’on approche de la ville. Apparemment c’est tous les jours comme ça et les fêtes de fin d’année (le Têt) qui s’annoncent n’arrangent rien. Déposés sur le trottoir, on récupère nos sac à dos un peu hagards mais déterminés à ne rien laisser paraître. Évidemment qu’on est des touristes débarquants dans une cité inconnue mais on est avant tout de vaillants backpackers n’ayant jamais peur de devoir marcher (longtemps) un sac sur le dos en quête d’un gîte et d’un couvert – pas trop cher de préférence.

Scooter vietnamien

Scooter vietnamien

En fait, on est aussi deux gros naïfs prêts à suivre docilement le type qui les a fait payer un peu plus cher la navette. On s’interroge quand même sur la sincérité du bonhomme qui nous montre la route à suivre pour trouver un hôtel ou une bonne auberge. Refusant le premier qu’on nous propose et négociant très bien le second, on se dit qu’on a repris la main et que ce vietnamien tombé du ciel n’est finalement pas si mal intentionné que ça…

Encore un peu suspicieux, on le suit malgré tout une nouvelle fois quand il nous propose un petit restaurant de rue. La petite discussion que j’ai avec lui et les sourires des cuisinières me redonne confiance et je lui propose tout naturellement de payer le repas. Il est le seul à parler anglais, c’est donc lui qui fixe le prix : ce sera 5 fois plus cher que le prix normal pour ces occidentaux fraichement arrivés ! Pas encore habitué avec tous ces nouveaux billets je paye en hésitant un peu. En sortant dans la rue, je réalise qu’on s’est bien fait entuber. Je suis super énervé non pas pour la somme (assez modique) qu’on a perdue mais plus pour avoir cru que ce type nous voulait du bien.

Philosophes, on décide de prendre cette anecdote comme une leçon pour la suite.

Le lac Hoan Kiem

Le lac Hoan Kiem

Le lendemain, on rencontre un autre vietnamien jeune et bien habillé qui nous aborde naturellement. Échaudés par la veille, on est particulièrement méfiants. Il nous parle de lui et de sa jeunesse en Allemagne et en Europe, puis il nous raconte l’histoire du quartier dans lequel nous nous trouvons, tout ça dans un anglais maitrisé et sans qu’on lui ait demandé quoi que ce soit. Il nous parle des traces de la colonisation française dans l’architecture des rues et des maisons autour de nous, puis de la corruption des militaires et des institutions politiques. Un peu rassurés, on fait dévier la conversation sur notre récente aventure. Il n’est pas plus étonné que cela et nous fait un topo général de ce qu’il pense de la population du Vietnam et de comment on doit se comporter avec eux en tant que touristes. Pour lui, les vietnamiens sont individualistes et ils chercheront à faire de l’argent par tous les moyens pour s’en sortir. Ils gonflent donc les prix pour les touristes occidentaux mais aussi pour les autres (chinois, laotiens, cambodgiens, thaïs,… et même les autres vietnamiens!) et n’hésitent pas à défendre leur bout de terrasse si le voisin empiète dessus ! Il nous explique qu’un vietnamien pourra évoluer très vite en hiérarchie dans une entreprise car il trouvera toujours une solution là où ses collègues penseront qu’il s’agit d’une impasse. Tenaces, persévérants mais aussi racistes envers les noirs, les autres asiatiques et les vietnamiens du milieu et du sud du pays : voilà le portrait pas très glorieux que nous brosse notre hôte de ses concitoyens !

Après ça, il nous explique que le but pour un touriste qui souhaite vraiment s’imprégner du pays est de se comporter comme un vietnamien avec eux. C’est à dire ne pas se laisser enquiquiner, ne pas se laisser marcher sur les pieds, savoir ce que l’on veut quitte à devenir agressif et montrer les crocs en cas de problème.

On est épaté d’avoir une discussion aussi poussée et aussi intéressante sur le Vietnam et ses habitants avec un parfait inconnu. On en profite pour le prendre en photo, se présenter et le remercier pour tout ce qu’il nous a apporté en si peu de temps.

Phi-Ly et moi

Phi-Ly et moi

Ces deux rencontres en deux jours m’ont fait définitivement quitter le monde des touristes béats d’admiration en découvrant une nouvelle culture et qui s’imaginent trouver de la bonté et de la gentillesse dans tous les sourires. Sans être constamment méfiants, le monde des bisounours c’est terminé ! Depuis, j’essaie d’appliquer les conseils de Phi-Ly (je sais pas trop pour l’orthographe par contre…) pour m’en sortir dans la jungle urbaine d’Hanoi, et ça se passe très bien : j’utilise tous les jours les quelques mots qu’il nous a griffonné sur un bout de papier ! Voilà ce que ça donne :

Combien ça coûte ?      =>          Bao nhiew tiên ?

Trop cher !                    =>           Dàt hiê  !

On n’achète pas !          =>          Khong mua !

Va-t-en !                        =>          Di di !

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